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BLOG | Pas de 5G en Belgique en cas de retard dans la mise aux enchères du spectre? Il n’y a pas lieu de paniquer

BLOG | Pas de 5G en Belgique en cas de retard dans la mise aux enchères du spectre? Il n’y a pas lieu de paniquer

par Micha Berger, CTO Telenet

Lorsque j’ai lu ce matin dans les journaux que les dirigeants d’entreprises paniquaient à l’idée que les enchères pour l’allocation du spectre 5G risquaient d’être retardées, j’ai quand même bien failli avaler mon café de travers. C’était comme si la Belgique allait être replongée dans le monde télécom des années 90, allait se retrouver à la fin du peloton européen avec les réseaux 2G, 3G et 4G existants et que de nouvelles applications qui ne fonctionneraient qu’avec la 5G nous échapperaient complètement. Bye-bye voitures autonomes, villes intelligentes, opérations hautement technologiques à distance ou encore localisation aisée de biens et matériaux coûteux.

Rien de tout cela évidemment. Les préoccupations que je lis entre les lignes de la part des scientifiques, des politiciens et des hommes d’affaires sont injustifiées. Je vais expliquer brièvement pourquoi il ne faut pas céder à la panique mais plutôt rester réaliste.

Les investissements que les opérateurs réalisent déjà dans la technologie 5G aujourd’hui ne sont pour le moment pas liés à la mise aux enchères ou non du spectre 5G. La 5G arrive! En tant qu’opérateurs, nous ne pouvons pas et ne voulons pas passer à côté. Nous savons également de quelles fréquences nous avons besoin pour cela et qu’elles seront bel et bien mises aux enchères. Peut-être pas demain, ni même après-demain, mais elles arriveront tôt ou tard sur le marché et les opérateurs entreront en concurrence pour les obtenir. Mais le spectre n’est pas la seule chose dans laquelle il faut investir. Au contraire.

Les investissements considérables dans le cœur du réseau et dans le parc d'antennes sont bien plus importants et urgents. Le cœur du réseau est "le cerveau" d'un réseau mobile et il fonctionne de manière totalement différente pour la 5G que pour les autres technologies. La 5G nécessite de nouveaux équipements et logiciels pour tous les éléments essentiels de nos réseaux. Tant ces équipements que ces logiciels doivent être sélectionnés, achetés et intégrés au réseau existant.

Le réseau d'accès radio (réseau RAN, « Radio Access Network ») ou le parc d'antennes doit quant à lui également être adapté et très probablement étendu de manière significative. Dans un contexte de normes de rayonnement strictes à Bruxelles et où il est difficile d’obtenir à temps les permis nécessaires pour la construction de nouvelles antennes, il s’agit là d’une tâche ardue qui devrait prendre encore un certain temps.

A cela vous ajoutez le fait qu’il n’existe pas encore aujourd’hui d’appareils compatibles 5G.  Il faudra sans doute attendre encore des années afin de pouvoir se procurer de tels appareils à un prix abordable sur le marché. Même chose pour les voitures autonomes : il y a encore énormément d'expérimentation et, pour autant que je sache, on ne trouve nulle part des files entières de voitures autonomes fin prêtes à parcourir la route, mais qui ne le peuvent pas faute de spectre disponible.

L'arrivée de la 5G n'est pas quelque chose de binaire. Elle ne va pas apparaître du jour au lendemain, il s'agit d'un processus qui débute à peine et prendra encore des années.

Bien sûr, le spectre est nécessaire pour un opérateur mais s'il n'y a pas d'enchère cette année, ce n’est pas fatal. Nous n’allons pas nous retrouver sans réseaux car il y a bien des solutions provisoires.

Nous pourrions par exemple, comme l'a suggéré l'organisation sectorielle Agoria, mettre aux enchères le nouveau spectre 5G séparément et plus rapidement, indépendamment des enchères du spectre 2G, 3G et 4G existant. Les opérateurs pourraient également – comme l’autorise la loi télécom - utiliser des fréquences 5G temporaires, qui peuvent être demandées par n’importe quel opérateur jusqu’à ce que la vente aux enchères formelle ait lieu.

La panique est toujours mauvaise conseillère. Je voudrais plaider pour la nuance dans ce débat. Telenet a déjà pris le chemin de la 5G. Nous travaillons d'arrache-pied sur les premiers préparatifs et prenons les mesures nécessaires pour adapter le cœur de notre réseau. En 2020, nous ferons les premiers tests à une échelle limitée. Compte tenu des nombreuses mesures qui doivent encore être prises, le déploiement commercial sera principalement pour 2021. C’est de cette manière que nous apporterons notre pierre à l’édifice pour maintenir la Belgique à la tête des développements numériques en Europe.

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A propos de Telenet

À propos de Telenet –En tant que fournisseur belge de services de divertissement et de télécommunications, Telenet Group est constamment à la recherche de l'excellence pour ses clients au sein du monde numérique. Sous la marque Telenet, l’entreprise fournit des services de télévision numérique, d'Internet à haut débit et de téléphonies fixe et mobile, destinés au segment résidentiel en Flandre et à Bruxelles.

Telenet Group offre également des services de téléphonie mobile sous la marque BASE à l’échelle de la Belgique. Le département Telenet Business propose quant à lui des solutions de connectivité, d’hébergement et de sécurité aux marchés professionnels belge et luxembourgeois. Plus de 3.000 collaborateurs ont un objectif commun: rendre la vie et le travail plus facile et plus agréable.

Telenet Group fait partie de Telenet Group Holding SA et est coté sur Euronext Bruxelles sous le symbole boursier TNET. Pour plus d’informations, visitez www.telenet.be. 56,36 % des actions de Telenet sont détenues par Liberty Global, le plus grand leader mondial de la TV et le plus grand fournisseur d’Internet haut-débit, qui investit, innove et mobilise des personnes dans plus de 10 pays en Europe afin de tirer le meilleur parti de la révolution numérique.

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