La moitié des start-ups belges dans le domaine des médias et du divertissement ne grandit pas suffisamment vite

La moitié des start-ups belges dans le domaine des médias et du divertissement ne grandit pas suffisamment vite

La croissance est freinée par un manque d'ambition des start-ups, due à un contexte d'investissement frileux et au fossé qui existe entre elles et les entreprises

Bruxelles, Mardi 19 décembre 2017 -  Malgré le fait qu’elles attirent toujours plus l’attention, tant en Belgique qu’à l’étranger, près de la moitié des start-ups belges dans le domaine des médias, des télécommunications et du divertissement n’affiche pas une croissance suffisante, selon une étude réalisée par Telenet et Startups.be. En cause : la levée de capitaux significatifs reste compliquée et le fossé qui sépare les startups et les entreprises déjà installées reste trop grand. La mentalité “de clocher” continue en outre à freiner leur progression.

Toutefois, le tableau n'est pas si noir en ce qui concerne le nombre d'entreprises qui se lancent. En 2016, pas moins de 89.777 nouvelles entreprises ont vu le jour. Le nombre de start-ups technologiques qui parviennent à gagner de l'argent et à s'implanter à l'étranger est également en hausse depuis plusieurs années – citons par exemple Showpad, Collibra, NGdata ou Playpass. Par rapport à il y a cinq ans, notre pays compte un nombre remarquablement plus élevé d'entreprises en croissance.

Mais bien que notre écosystème d'entreprises se soit renforcé, pour une part significative de nos start-ups, cela reste un défi majeur d'assurer une croissance sur le long terme. Cela s'explique par un manque d'ambition de la part des start-ups, des investisseurs conservateurs, et le fossé qui existe entre les start-ups, d'une part, et les entreprises et les autorités, d'autre part.

Objectif : 100 % de croissance annuelle

L'enquête, réalisée par Telenet et Startups.be auprès de 74 startups du secteur télécom, médias et divertissement,  montre qu'une start-up sur quatre (24 %) connaît une croissance inférieure à 10 % par an. 18 % des start-ups ne croît que de 10 à 20 %, alors qu'une start-up est censée connaître une croissance de 100 % ou davantage. Seul 30 % des start-ups connaissent un tel taux de croissance.

Près de la moitié des start-ups interrogées (46%) réalisent en outre un chiffre d'affaires annuel inférieur à 100.000 euros, ce qui démontre une fois de plus que nos start-ups sont loin d'être en essor. Seuls 5 % des entreprises interrogées atteignent un chiffre d'affaires de plus d'un million d'euros.

La majorité des startups belges sont composées d'une équipe de cinq personnes au maximum (pour 63 % d'entre elles). Un peu moins de la moitié (46 %) a indiqué avoir l'intention de recruter un à trois employés supplémentaire(s) l'année prochaine. 26 % des start-ups prévoient de recruter trois à cinq collaborateurs supplémentaires. Bien que plus de 60 % des start-ups cherchent à étendre leur activité à l'étranger, ou sont déjà présentes à l'international, 37 % des nouvelles entreprises déclarent n'avoir aucune source de revenus hors Belgique.

"Pour une start-up belge, il est essentiel de percer à l'international pour pouvoir croître et survivre. Le marché belge est fragmenté et trop petit, et nombre de nos start-ups n'ont pas suffisamment de revenus réguliers. En outre, nos entreprises ont des difficultés à attirer les bons collaborateurs. Non seulement il semble difficile de trouver des développeurs, mais les talents dans le domaine de la vente et du marketing ne sont pas non plus nombreux. Et bien que le marché offre une certaine quantité de liquidités, il demeure compliqué de capter de grosses sommes." Frederik Tibau, Content Director Startups.be

Les investisseurs et entreprises, très éloignés des startups

Selon nos start-ups, il existe également un grand écart entre les start-ups et les grandes entreprises et sociétés. Elles se situent à un tout autre niveau, et elles ont donc du mal à collaborer avec les start-ups. C'est ce qui ressort des entretiens approfondis menés avec neuf jeunes entrepreneurs, et de la table ronde réunissant des décideurs et des experts de la communauté des start-ups organisée ensuite par Telenet et Startups.be.

Les start-ups estiment que les investisseurs belges sont trop frileux, qu'ils préfèrent les valeurs sûres et n'osent donc pas prendre de risques. Pour trouver des capitaux, les startups doivent donc se tourner vers l'international. Les grandes entreprises, en revanche, considèrent que nos start-ups ne sont pas assez ambitieuses, qu'elles se cantonnent à leur activité sans essayer de se développer et ne comprennent pas suffisamment les besoins des entreprises. Enfin, elles ne sauraient pas comment vendre leur idée ou leur produit. Même Telenet, qui met chaque année des fonds à disposition des start-ups, l'a remarqué.

"Nous constatons souvent que nous ne sommes pas encore sur la même longueur d'ondes. Lors de leur pitch, les start-ups sont souvent mal préparées, ou bien elles ne répondent pas aux besoins de notre entreprise. Mais nous remarquons également qu'elles sont frustrées par la lenteur de la prise de décisions des grandes entreprises, par exemple dans les dossiers d'investissement. C'est un point à améliorer de notre côté. Pour se mettre sur la même longueur d'ondes, nous voulons établir, avec Telenet Kickstart, une coopération plus étroite avec les start-ups. Nous voulons les impliquer davantage dans le processus d'innovation de notre entreprise et leur offrir la possibilité de tester leurs produits et services avec nous, dans notre nouveau centre d'innovation." Erik Vervloet, Vice-président New Business & Start-up Acceleration Telenet

Une réputation internationale

En encadrant mieux les start-ups et en se concentrant sur la croissance et l'internationalisation, Telenet et Startups.be veulent leur donner davantage d'opportunités de se développer. Aussi bien les jeunes entrepreneurs que les spécialistes sont d'avis qu'il faut braquer le projecteur sur les start-ups belges, car dans les pays étrangers, elles ne sont souvent pas assez connues.

"Nous avons déjà fait quelques pas dans la bonne direction. Notre communauté de start-ups s'est considérablement développée en quelques années et un certain nombre d'entre elles ont du succès en Belgique comme à l'international. Mais il est temps de prendre des mesures pour aider les autres petites entreprises, qui restent à la traîne, à se lancer à l'étranger. Le Portugal, les Pays-Bas et la Finlande ont réussi à accroître la visibilité de leurs start-ups et de leur écosystème à l'étranger, grâce à diverses initiatives. Pourquoi cela ne serait-il pas possible en Belgique ?" Frederik Tibau, Content Director Startups.be

Vous trouverez ci-dessous un aperçu des résultats de l'enquête de Telenet et Startups.be.

Startups.be est la solution complète pour l'entrepreneuriat technologique belge. Nous travaillons en partenariat avec les startups pour réaliser leur ambition globale et faciliter l'innovation conjointe avec des partenaires commerciaux du monde entier et nous sommes le centre de référence indépendant par excellence dans l'écosystème des startups.

Telenet Kickstart stimule la communauté des startups belges. Nos partenariats structurels avec des incubateurs et accélérateurs de pointe nous permettent de soutenir et de coacher les entrepreneurs (numériques) débutants, leur apprenant à traduire leurs idées innovantes en entreprises évolutives et prêtes pour le marché. Nous organisons en outre des séjours et des événements de réseautage internationaux destinés aux startups.

TME Startup Study 2017

Frederik Tibau
Erik Vervloet