Secteur Télécoms : « Besoin d’un New Deal »

Les sept principaux opérateurs télécoms de notre pays ont présenté aujourd'hui avec Agoria une étude qui met l’accent sur le rôle des télécommunications en tant que centre névralgique de la société numérique. Les CEO de Brutélé, Colt, Eurofiber, Nethys/Voo, Orange Belgium, Proximus et Telenet ont exprimé à cette occasion leur engagement à assurer un déploiement rapide de réseaux super rapides fiables permettant à la Belgique de rester au top de l’Europe en matière d’infrastructures télécoms. Le secteur entend également contribuer au développement de nouveaux services qui préparent notre pays pour le futur et soutenir davantage d’initiatives au niveau des compétences numériques. Les opérateurs appellent toutes les parties prenantes à donner forme ensemble à l’accélération numérique sur la base d’un New Deal entre les autorités et le secteur, lequel doit rencontrer les besoins en pleine évolution des différents utilisateurs.

Jean-Michel Adant (Brutélé), Peter Veenman (Colt), Hans Witdouck (Eurofiber), Jos Donvil (Voo et Nethys), Michael Trabbia (Orange Belgium), Dominique Leroy (Proximus), John Porter (Telenet) et Marc Lambotte (Agoria) ont sonné aujourd’hui le rassemblement au sein du nouveau Tech Lounge d’Agoria à Bruxelles. Les CEO ont exposé leur engagement à continuer à contribuer à une transition accélérée vers une économie et une société numériques. « Le secteur des télécommunications belge est un moteur important pour notre économie et la pierre angulaire de la société numérique. Nous sommes fermement déterminés à assurer l’avenir », soulignent les opérateurs télécoms dans une étude qu’ils ont réalisée conjointement avec Agoria.

Pour répondre aux attentes grandissantes des citoyens, entreprises et autorités en matière de volume, qualité, rapidité, sécurité et fiabilité, les opérateurs télécoms ne cessent d’investir dans des réseaux fixes et mobiles fiables et des centres de données fiables. D’autre part, ils oeuvrent au développement de nouveaux services et solutions qui offrent une plus-value tant à l’industrie et aux citoyens qu’aux autorités. « Dans le cadre de notre engagement général, nous allons en outre favoriser la promotion des compétences et de l’alphabétisation numériques. Pour y parvenir, nous avons toutefois besoin d’un climat économique favorable aux investissements, d’une accélération numérique et d’un champ d’action équitable », souligne Marc Lambotte de la fédération Agoria, qui rassemble également le secteur des télécoms depuis 2017.

Le secteur des télécommunications apporte également une grande contribution à l’économie : près de 10 milliards d’euros d’investissements ces six dernières années, plus d’1 milliard d’euros de cotisations sociales en 2016 et plus de 21.000 emplois directs et 28.000 emplois indirects. Les télécommunications sont également à la base des plus de 200.000 emplois dans notre pays.

Le ministre de l’Agenda numérique, Alexander De Croo, a déjà fait savoir qu’il soutient le projet. « Les télécommunications sont un partenaire important pour le renforcement de l’économie numérique dans notre pays. Il est positif que les opérateurs unissent leurs forces et souhaitent s’engager ensemble en faveur de plus d’innovation et plus de croissance. »

Rester au top en termes d’infrastructures

Le secteur des télécommunications entend mettre en place des réseaux ultra rapides fiables qui permettront à la Belgique de figurer dans le top 3 de l’UE en ce qui concerne l’infrastructure télécoms. Les réseaux télécoms en Belgique sont ultramodernes mais doivent continuer à évoluer pour pouvoir satisfaire aux nouveaux besoins. D’ici 2020, plus de 50% des connexions devront offrir une vitesse pouvant atteindre 1Gbps. Cela s’avère nécessaire pour répondre aux besoins changeants de la clientèle : ainsi l’étude souligne-t-elle une augmentation rapide de la consommation de données fixes et mobiles, ce qui prouve que les utilisateurs souhaitent être connectés en tout lieu et en tout temps.

Compte tenu des évolutions futures des réseaux fixes et mobiles, le secteur demande un environnement socio-économique propice aux investissements et un cadre réglementaire fiable, coordonné et stimulant. Le tout doit s’inscrire dans une vision à long terme, faisant l’objet d’une coordination entre les autorités fédérales, régionales et locales. Le secteur demande entre autres une approbation plus rapide des permis de bâtir ainsi que des normes proportionnelles et adaptées aux évolutions futures en matière de rayonnement 5G.

De nouveaux services pour l’industrie, les citoyens et les autorités

Le secteur s’attèle à développer une offre de services dynamique et compétitive en faveur de l’industrie, des citoyens, villes, autorités et institutions. « Investir dans des réseaux de nouvelle génération revêt une importance cruciale pour le développement de notre société et notre économie numériques. D’autre part, en tant que secteur, nous voulons être plus que des fournisseurs de réseaux. La véritable valeur pour l’économie numérique résidera dans des services et plateformes sécurisés ainsi que dans des écosystèmes que nous allons développer sur ces réseaux. Nous allons ainsi pouvoir créer de la valeur au niveau local d’une nouvelle manière, pour la Belgique et pour l’Europe », souligne Dominique Leroy, CEO de Proximus.

Le secteur des télécommunications compte dès lors sur toutes les parties prenantes pour réaliser une accélération numérique sur un terrain d’action équitable. Cela pourra se faire en investissant dans des applications électroniques à grande échelle en vue d’améliorer l’efficacité des pouvoirs publics, mais aussi en misant sur la cybersécurité afin d’accroître la confiance dans les solutions numériques, et en encourageant le développement de solutions intelligentes grâce à l’accès aux données ouvertes. De nombreux secteurs clés de notre économie se trouvent aujourd’hui à un point de basculement dans la transformation numérique. Pour toutes les autorités et entreprises belges, le moment est maintenant venu de passer à la vitesse supérieure dans la transition vers une économie et une société numériques.

Miser sur le capital humain numérique

Le secteur des télécommunications s’engage enfin à soutenir les initiatives visant à développer les compétences numériques et l’alphabétisation numérique : apprentissage tout au long de la vie et meilleur enseignement TIC, campagnes de sensibilisation visant les étudiants et les jeunes. Il est toutefois indispensable d’investir davantage dans les compétences numériques et l’alphabétisation numérique. Occupant la 11e place au classement DESI pour le capital numérique humain, la Belgique fait moins bien que la plupart de ses voisins. C’est en investissant dans l’enseignement STEM, en développant des initiatives axées sur les compétences numériques et l’intégration numérique, et en veillant à ce que l’enseignement numérique réponde aux besoins des employeurs et de l’industrie, que nous pourrons exploiter pleinement le potentiel de la société numérique. » Pour stimuler l’innovation et la croissance économique en Belgique, nous devons, selon Telenet, accélérer l’acquisition d’aptitudes numériques et de compétences STEM par les citoyens belges. « En développant une action coordonnée impliquant toutes les parties prenantes, nous devons pouvoir renforcer notre capital humain numérique, » déclare John Porter.

New Deal

Les hauts dirigeants des sept principaux opérateurs télécoms de notre pays soutiennent personnellement l’appel à un « New Deal » entre les autorités et le secteur des télécommunications. Outre les positions de Proximus et Telenet, le message est également soutenu par les autres opérateurs. « Des réseaux innovants revêtent une importance capitale pour réaliser les objectifs de l’ambitieux agenda numérique de la Belgique et de l’Europe », indique également Michael Trabbia d’Orange Belgium. Pour Jos Donvil de Nethys, un cadre réglementaire équitable est nécessaire : « Un tel cadre nous permettra d’investir afin de continuer à accroître la capacité internet de la Belgique et de préserver notre position de leader européen dans ce domaine. » Hans Witdouck d’Eurofiber souligne que les clients demandent surtout des choses ’intelligentes’ : villes intelligentes, applications intelligentes au service de l’environnement, de la mobilité et de la communauté.  « Il est temps que nous, en tant qu’industrie, devenions également ’intelligents’ dans le partage de l’infrastructure afin que le 5G et ses applications soient introduits avec succès », souligne-t-il.

« L’innovation vient bousculer les modèles d’entreprise traditionnels et va rendre la transformation numérique des clients possible grâce à des solutions agiles et sur demande à large bande », précise Peter Veenman de Colt

« Nous allons tous unir nos forces pour favoriser le développement d’une économie et d’une société numériques florissantes en Belgique. En collaborant dans le cadre de ce New Deal, nous renforcerons la position de la Belgique dans la société numérique de demain », conclut Marc Lambotte.